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L'électronique, une science qui nous entoure au quotidien. Découvrons ensemble les bases de cette technologie qui anime notre monde.
L'électronique, c'est simple quand on sait comment s'y prendre. Découvrez nos conseils et astuces pour réussir vos projets.
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02/02/2026
Vous venez de terminer le prototypage de votre dernier objet connecté. Le code est propre, les soudures sont brillantes. Pourtant, dès que vous approchez la main du boîtier, le système s'active. Vous n'avez même pas touché le bouton, et déjà, la machine s'emballe.
Félicitations : vous venez de créer une antenne à parasites.
En électronique, on pense souvent de manière binaire : le courant passe (1) ou il ne passe pas (0). Mais il existe un troisième état, bien plus sournois, qui hante les concepteurs : l'état flottant.
Pour comprendre ce phénomène, oublions les électrons un instant. Entrons ensemble dans notre Musée de l'Électronique.
Imaginez une salle d'exposition cruciale. Pour savoir si un visiteur est présent, nous avons posté un Gardien. Ce gardien est un peu particulier : il est aveugle. Pour faire son rapport, il garde sa main posée sur une porte battante.
Le Drame de la "Haute Impédance"
Dans votre design actuel, la porte est montée sur des gonds ultra-huilés. Elle est si légère qu'un simple courant d'air peut la faire osciller.
Quand le visiteur (votre bouton) part, il ne ferme pas la porte derrière lui. Il se contente de la lâcher. La porte reste alors "flottante" au milieu du passage. Le moindre souffle, une vibration dans le sol, ou même quelqu'un qui passe un peu trop près, et la porte bouge d'avant en arrière.
Notre gardien, la main sur le bois, panique. Il ressent des micro-mouvements : "Il y a quelqu'un ! Ah non... si ! Attendez... 1, 0, 1, 1, 0 !". Pour votre processeur, c'est le chaos. Il voit des fantômes là où il n'y a que du vent.
La Solution : Le Ressort de Rappel (La Résistance de Pull-Up)
Pour calmer notre gardien, nous installons un simple ressort. Ce ressort (votre résistance de tirage) est relié au plafond (le 3.3V ou 5V). Son rôle est de maintenir la porte fermée avec fermeté tant que personne ne pousse.
Grâce à ce ressort, il n'y a plus d'entre-deux. C'est soit une action volontaire, soit le repos forcé. Le vide a enfin une valeur.
Pourquoi nos composants modernes sont-ils si sensibles ? La réponse tient en quatre lettres : CMOS.
Les microcontrôleurs actuels (comme ceux d'un Arduino, d'un ESP32 ou d'un STM32) ont des entrées à très haute impédance. Cela signifie qu'elles ne consomment pratiquement aucun courant pour lire un état. C'est excellent pour la consommation d'énergie, mais cela rend la broche extrêmement vulnérable aux charges électrostatiques ambiantes.
Une broche "en l'air" agit comme une antenne. Elle capte :
La tension sur cette broche va alors osciller de manière erratique entre 0V et VCC. En ajoutant une résistance de Pull-Up (généralement entre 4.7kΩ et 10kΩ), vous créez un chemin de faible résistance vers une tension de référence, "clouant" ainsi le potentiel de la broche à un état logique stable.
L'électronique déteste l'incertitude. En hardware, le vide n'est jamais neutre ; il est bruyant.
Si vos capteurs font des siennes ou si vos prototypes semblent habités par des esprits frappeurs, il est peut-être temps de revoir la stabilité de vos entrées. Basé à Aix-en-Provence, j'accompagne les entreprises dans la fiabilisation de leur conception électronique, du schéma au routage.
Et vous, avez-vous déjà vécu ce grand moment de solitude où un système s'active "par magie" simplement parce que vous avez posé votre café à côté ? Racontez-moi vos meilleures anecdotes de "fantômes" électroniques en commentaire !
D4U blog – On ne se contente pas de concevoir, on raconte votre technologie.
Souhaitez-vous que je développe un point plus spécifique, comme la différence entre Pull-Up et Pull-Down, pour un futur article ?
26/01/2026
Bonjour à tous, ici votre conteur d'électronique depuis mon atelier d'Aix-en-Provence.
Aujourd'hui, nous allons briser un mythe tenace. On imagine souvent qu'une piste sur un circuit imprimé (PCB) est un tunnel parfait, lisse et hermétique, où l'information glisse du point A au point B sans encombre. Si je mets 5V ici, j'ai 5V là-bas. Simple, non ?
C'est faux. Et c'est cette erreur de jugement qui transforme souvent une carte prototype prometteuse en un cauchemar de débogage.
En réalité, une liaison filaire, c'est bien plus organique. C'est une chaîne de millions de voisins qui se transmettent l'information. C'est le jeu du "bouche à oreille" à l'échelle nanoseconde. Et dans ce jeu, la stabilité du sol sur lequel ces voisins se tiennent – la masse – est tout aussi importante que le message lui-même.
Entrons dans notre musée imaginaire pour comprendre comment un simple ventilateur mal placé peut corrompre les données les plus précieuses.
Imaginez notre grand musée de l'électronique. Aujourd'hui, nous observons une longue file indienne de 100 visiteurs (les électrons porteurs du signal) qui traverse la Grande Galerie pour apporter un message urgent au Directeur du Musée (le Microcontrôleur).
Le message est un code secret : "1234".
Le principe de transmission est simple : le premier visiteur chuchote "1234" à l'oreille du deuxième, qui le répète au troisième, et ainsi de suite jusqu'au bout de la chaîne.
Dans un monde parfait, le musée est un havre de paix. Le sol est stable, l'acoustique est parfaite.
Visiteur 1 : "1234"
Visiteur 50 : "1234"
Visiteur 100 : "1234"
Le Directeur reçoit le code, ouvre le coffre, tout fonctionne. C'est ce qu'on appelle une intégrité du signal parfaite.
Mais dans la réalité, votre musée est en travaux. À un endroit précis de la galerie, juste à côté de l'endroit où se tient le 50ème visiteur, se trouve un énorme ventilateur industriel ou un marteau-piqueur (votre source de bruit : une alimentation à découpage ou un moteur).
Ce ventilateur ne touche pas les visiteurs. Il ne touche même pas le message. Mais il fait trembler le sol et sature l'air de bruit à cet endroit précis.
Regardons le ralenti de la catastrophe :
Le 49ème visiteur, qui est au calme, se penche et chuchote : "1234".
Le 50ème visiteur est secoué par les vibrations du sol et assourdi par le vacarme. Il perd ses repères. Pour lui, le "3" ressemble à un "8".
Il comprend : "1284".
Le 50ème se tourne alors vers le 51ème visiteur. Le 51ème est juste après la zone de travaux, il est au calme.
Le 50ème lui dit très clairement et très distinctement : "1284".
Le drame est là. À partir du 51ème visiteur, tout le monde fait son travail à la perfection. Le signal est propre, fort, bien articulé. Mais il est faux. L'erreur est devenue la vérité. Le Directeur reçoit "1284", le code est rejeté, le système plante.
Pourquoi cette histoire est-elle cruciale pour vos conceptions PCB ?
En électronique, nous avons tendance à voir la masse (GND) comme un océan infini de "0 Volt", immuable et parfait. C'est une erreur. Sur un PCB, la masse est simplement le chemin de retour du courant. Et comme tout conducteur, ce chemin a une impédance (une Résistance et une Inductance).
Reprenons notre analogie. Le sol du musée, c'est votre plan de masse. Lorsque le ventilateur (un moteur ou un composant de puissance) s'active, il tire un fort courant. Ce courant traverse le plan de masse pour retourner à la source.
Si votre piste de masse est trop fine ou mal dessinée à cet endroit (comme un couloir étroit dans le musée), le passage de ce fort courant (la foule) va créer une tension locale (Loi d'Ohm : U=R×I).
Concrètement ? Le sol se soulève ! À l'endroit exact où passe votre signal de données (le 50ème visiteur), le potentiel de la masse n'est plus à 0V, mais peut-être à 0.5V ou 1V pendant une microseconde.
Un signal numérique (3.3V par exemple) est toujours mesuré par rapport à la masse locale.
Le signal est corrompu. Et le pire, c'est qu'une fois qu'il quitte cette zone bruyante, il se propage vers le processeur en étant "proprement faux".
Comment éviter que vos visiteurs ne trébuchent sur un sol mouvant ? Voici trois conseils issus de mes années de pratique en conception de cartes.
Ne saucissonnez pas votre plan de masse. Chaque fois que vous faites une fente ou un trou dans le plan de masse pour passer une autre piste, vous créez un détour pour le courant de retour. C'est comme forcer la foule à contourner un obstacle : cela crée des bouchons et de l'agitation (tension). Conseil : Gardez un plan de masse le plus solide et ininterrompu possible sous vos lignes de signal rapides.
N'installez pas votre file indienne de visiteurs (pistes de données sensibles comme I2C, SPI, USB) juste à côté du marteau-piqueur (convertisseurs DC/DC, drivers moteurs). Même avec un bon plan de masse, la proximité induit du couplage. Conseil : Ségréguez géographiquement les zones de puissance (bruyantes) et les zones numériques/analogiques (sensibles) sur votre PCB.
C'est la règle la plus importante. Pour chaque piste que vous tracez, posez-vous la question : "Par où le courant revient-il ?" Le courant (la foule) veut revenir à sa source par le chemin de moindre impédance. En haute fréquence, ce chemin est directement sous la piste. Si le sol sous la piste est absent ou bruyant, le courant va faire un grand détour, créant une énorme boucle qui agit comme une antenne.
La gestion de la masse est un art qui demande de la pratique. Si ce sujet vous intéresse, vous aimerez sûrement nos articles précédents :
Avez-vous déjà passé des heures (ou des nuits !) à debugger un bus de données instable, pour découvrir finalement que le coupable était un moteur situé 10 cm plus loin qui faisait "sauter" votre masse ?
Racontez-moi vos pires cauchemars de CEM (Compatibilité Électromagnétique) en commentaire. Et si vous avez besoin d'un œil extérieur pour auditer le routage de votre prochaine carte innovante sur la région d'Aix ou ailleurs, D4U blog et son équipe sont là pour transformer vos designs bruyants en symphonies silencieuses.
À la semaine prochaine pour une nouvelle visite du musée !
10/01/2026
Vous venez de terminer le soudage de votre prototype. Le code est propre, l'architecture est élégante. Vous appuyez sur le bouton pour allumer la LED de statut. Clic. La LED clignote frénétiquement, s'éteint, puis finit par rester allumée. Vous appuyez pour éteindre. Clic. La LED ne bouge pas. Ou pire, elle s'éteint et se rallume instantanément.
Bienvenue dans l'enfer du Rebond Mécanique (ou Switch Bouncing).
En tant que concepteur de produits électroniques, nous avons tendance à idéaliser le monde. Dans notre tête (et dans nos diagrammes logiques), un interrupteur est binaire : il est ouvert (0) ou fermé (1). La transition est instantanée, verticale, parfaite.
Mais la réalité physique est sale, bruyante et élastique. Aujourd'hui, nous allons ouvrir la porte de notre "Musée de l'Électronique" pour comprendre pourquoi votre bouton ment à votre processeur, et surtout, comment rétablir la vérité.
Imaginez que votre circuit imprimé est un grand musée national.
Le Scénario Catastrophe
Vous (l'utilisateur) décidez de fermer la porte (appuyer sur le bouton). Vous la lancez d'un coup sec.
L'Impact : La lourde porte percute le cadre en pierre. BOUM !
Le Rebond : La porte ne se scelle pas instantanément. Sous la violence du choc, le bois et le métal se compressent, et par élasticité, la porte rebondit en arrière de quelques centimètres. Elle s'entrouvre.
La Réplique : Votre main pousse toujours, donc la porte revient frapper le cadre. Bam ! Elle rebondit encore, mais un peu moins loin.
La Stabilisation : bam... bam... clac. La porte est enfin fermée hermétiquement.
Pour vous, l'action a duré une fraction de seconde. C'était "un seul geste".
Mais pour le Gardien (le MCU), qui note l'état de la porte sur son registre toutes les microsecondes, voici ce qui s'est passé :
Fermé. Ouvert. Fermé. Ouvert. Fermé. Ouvert... (15 fois)... Fermé.
Le gardien panique. Il signale à la direction (votre firmware) que 15 visiteurs viennent d'entrer et de sortir en l'espace de 10 millisecondes. Votre système lance 15 interruptions, déclenche 15 actions. C'est le chaos.
Revenons à notre PCB. Un interrupteur est constitué de deux lamelles métalliques. Lorsqu'elles entrent en contact, l'énergie cinétique de l'appui doit être dissipée.
Le métal est un matériau élastique. À l'échelle microscopique, les contacts s'entrechoquent et se séparent physiquement plusieurs fois avant d'établir une connexion stable. Ce phénomène génère une série de transitoires (changements d'états rapides) sur la ligne de signal.
Durée du phénomène : Généralement entre 5ms et 20ms, selon la qualité du bouton.
Conséquence : Si votre processeur fonctionne à 16MHz, une période de rebond de 10ms représente 160,000 cycles d'horloge. C'est une éternité durant laquelle le signal est indéterminé.
Alors, comment calmer ce gardien paniqué ? Nous avons deux écoles : la méthode "Architecte" (Hardware) et la méthode "Manager" (Software).
L'approche de l'Architecte : "Modifions le bâtiment pour gérer la foule."
Si la porte claque trop, nous allons installer un système d'amortissement hydraulique et une antichambre.
En électronique, c'est le Filtre RC Passe-Bas.
Rappelez-vous les principes de notre musée :
Comment ça marche ?
Nous plaçons une résistance en série avec le bouton, et un condensateur en parallèle vers la masse.
Lorsque la porte claque et rebondit (le signal oscille entre 0V et 3.3V), la foule (le courant) ne peut plus se précipiter directement vers le gardien.
Les rebonds rapides de la porte ("Ouvert/Fermé") sont trop brefs pour vider ou remplir complètement l'antichambre. Le niveau de foule dans l'antichambre monte donc doucement, ignorant les saccades brusques.
Le gardien, qui surveille désormais le fond de l'antichambre et non la porte elle-même, voit une montée progressive et calme de la tension.
La Formule Magique
Pour dimensionner ce filtre, on utilise la constante de temps τ (tau) : τ=R×C
Si vos rebonds durent 10ms, vous voulez une constante de temps qui lisse cette durée. Une combinaison classique pour un bouton simple est :
R=10kΩ
C=1μF
τ=10×103×1×10−6=0.01s=10ms.
Note : Pour être parfait, on ajoute souvent un Trigger de Schmitt pour transformer cette montée "molle" en un signal carré net pour le processeur.
L'approche du Manager : "Changeons les consignes du gardien."
Parfois, vous n'avez pas la place ou le budget pour ajouter des composants (R et C) sur votre carte. C'est là qu'intervient le Debouncing Logiciel.
Au lieu de modifier la porte, on donne une nouvelle consigne stricte au Gardien (le MCU) :
"Écoute Bob (le processeur), si tu vois la porte se fermer, note-le. Mais ensuite, bouche-toi les oreilles et ferme les yeux pendant 20 millisecondes. Prends une pause café. Ne reviens vérifier l'état de la porte qu'une fois ce délai écoulé."
L'Algorithme Simplifié
Cette méthode est gratuite en composants, mais elle demande des ressources de calcul et peut introduire une légère latence (imperceptible pour un humain, mais réelle).
| Critère | Solution Hardware (Filtre RC) | Solution Software (Code) |
| Fiabilité | Excellente (filtre le bruit EMI aussi) | Très bonne si bien codée |
| Coût | Quelques centimes (R + C) | Gratuit (en composants) |
| Espace PCB | Prend de la place | Zéro place |
| Complexité | Calcul de τ nécessaire | Logique de code asynchrone |
| Mon avis | Idéal pour les environnements bruités | Idéal pour l'IoT low-cost |
Le monde parfait des 0 et des 1 n'existe que dans les manuels scolaires. La réalité est analogique. Un bon concepteur électronique sait qu'il ne faut jamais donner de la "viande crue" (un signal brut) à un microcontrôleur. Il faut la cuisiner un peu (filtrage) avant de la servir.
Que vous choisissiez d'amortir la porte avec un condensateur ou de calmer le gardien avec du code, l'important est de reconnaître que le rebond est inévitable.
Sur vos derniers projets, êtes-vous plutôt Team Fer à Souder (RC) ou Team Clavier (Delay) pour gérer vos boutons ? Le débat est ouvert, j'attends vos retours en commentaire !
Besoin d'aide pour concevoir une électronique robuste qui ne craint ni les rebonds ni les bruits ? Basé à Aix-en-Provence, je transforme vos idées en systèmes fiables.
Contactez-moi pour discuter de votre projet.
13/12/2025
Imaginez la scène. Nous sommes en 1858. L’humanité vient de réaliser l’impossible : relier l’Europe et l’Amérique par un câble télégraphique posé au fond de l’océan Atlantique. C’est l’équivalent victorien de l’atterrissage sur la Lune. La Reine Victoria envoie un message au Président Buchanan. Le monde exulte.
Sauf que... le message met 17 heures à arriver. 17 heures pour 98 mots.
C’est là qu’intervient Wildman Whitehouse. Médecin de formation, ingénieur improvisé et, disons-le, un homme qui croyait que la force brute résolvait tout. Son raisonnement ? "Le signal est faible à l'arrivée ? C'est qu'on ne pousse pas assez fort au départ !"
Au lieu d'écouter Lord Kelvin, le physicien de génie qui prônait la délicatesse, Whitehouse a branché des bobines d'induction massives. Il a injecté 2000 Volts dans le câble.
Le résultat ? Le câble a fonctionné quelques heures, puis s'est tu à jamais. Grillé.
Aujourd'hui, en tant que votre conteur d'électronique à Aix-en-Provence, je vous invite à revisiter ce fiasco historique. Non pas pour nous moquer, mais parce qu'il illustre parfaitement une erreur que je vois encore trop souvent dans la conception moderne : sacrifier l'intégrité du signal au profit de la puissance.
Entrez dans le musée, nous allons voir ce qui s'est passé sous l'eau.
Pour comprendre pourquoi ce câble a fondu, retournons dans notre Musée de l'Électronique.
Imaginez que le câble transatlantique n'est pas un fil de cuivre, mais une interminable galerie souterraine reliant l'Europe aux États-Unis. C'est un couloir très long, très étroit, entouré par l'océan.
Le problème de Lord Kelvin : Le couloir (La Capacité)
Dans cette galerie, les visiteurs (le Courant I) doivent porter des messages. Mais il y a un problème structurel : le couloir est truffé de petites alcôves et de bancs (le Condensateur C).
Rappelez-vous : dans notre musée, le condensateur est un sas d'attente. Ici, tout le long du câble, c'est comme si nous avions des milliers de petits sas. Quand les premiers visiteurs entrent, ils ne foncent pas vers la sortie. Ils s'arrêtent dans les alcôves, ils remplissent les bancs. Le flux est "lissé", ralenti. À la sortie (aux USA), les messagers arrivent au compte-gouttes, de manière désordonnée. Le message est flou.
C'est ce que Lord Kelvin avait compris : le câble agit comme un condensateur géant qui "étale" le signal.
La solution de Whitehouse : L'émeute (La Haute Tension)
Whitehouse, voyant que les visiteurs arrivaient trop lentement à son goût, a commis l'irréparable.
La Tension (V), c'est l'enthousiasme ou l'agitation de la foule. Whitehouse s'est dit : "Si je les rends hystériques, ils courront plus vite !" Il a donc chauffé la foule à blanc. Au lieu d'envoyer des visiteurs calmes et disciplinés (basse tension), il a propulsé dans le couloir une foule en délire, hurlant et se bousculant avec une énergie de 2000 Volts.
La Catastrophe : Les murs cèdent
Le problème, c'est que les murs de notre galerie (l'isolant en gutta-percha) ont une limite de résistance à la pression. La foule était tellement surexcitée, se plaquant si violemment contre les parois dans sa course folle, que les murs ont fini par craquer. Une brèche s'est ouverte. L'eau de l'océan s'est engouffrée dans la galerie. Les visiteurs, au lieu d'aller en Amérique, ont été emportés par l'eau (le court-circuit). La galerie est devenue inondée et impraticable.
C'est exactement ce qui est arrivé au câble : l'isolant a fondu sous la "pression" électrique, créant un chemin direct vers la mer (la terre).
Sortons du musée pour analyser cela sur votre plan de travail. Ce désastre illustre deux concepts fondamentaux pour vos conceptions PCB ou câblage.
Le câble de 1858 était un cas d'école de ligne de transmission non maîtrisée. Un câble coaxial (âme en cuivre + isolant + eau de mer conductrice) crée une capacité répartie importante tout le long de la ligne.
Cette capacité, couplée à la résistance du cuivre, forme un filtre passe-bas géant (RC). Cela provoque une distorsion de phase et une atténuation des hautes fréquences. Les fronts montants de vos signaux numériques (ou télégraphiques) s'arrondissent, rendant les "points" et les "traits" indiscernables à l'arrivée. C'est l'Intersymbol Interference (ISI).
L'erreur de Whitehouse a été d'ignorer la rigidité diélectrique de la gutta-percha (l'isolant de l'époque). Tout isolant possède une tension de claquage. Si le champ électrique E (en Volts/mètre) dépasse la capacité du matériau à retenir ses électrons, le matériau devient subitement conducteur. Un arc électrique se forme, carbonisant l'isolant.
En passant de quelques dizaines de volts à 2000V, Whitehouse a dépassé ce seuil critique. Il a transformé le condensateur en résistance pure (court-circuit).
Que vous conceviez un objet connecté à Aix-en-Provence ou un système industriel, retenez la leçon de 1858 :
Et vous ?
Avez-vous déjà vu un projet partir en fumée (littéralement ou figurativement) parce que quelqu'un a voulu "mettre plus de watts" pour résoudre un problème de subtilité ?
Si vous avez un doute sur l'intégrité du signal de votre dernier prototype ou si vous voulez éviter de reproduire l'erreur de Whitehouse sur votre prochain PCB, discutons-en.
Je suis basé à Aix-en-Provence, et mon multimètre est toujours prêt.
07/12/2025
La polémique a fait le tour du web tech : des cartes graphiques à plus de 2000€, fleurons de la technologie (les fameuses RTX 4090), qui finissent avec un connecteur d'alimentation fondu, voire calciné. Au-delà du "bad buzz" pour le fabricant, c'est un cas d'école fascinant pour nous, concepteurs électroniques.
Cela nous rappelle une règle physique cruelle mais inévitable : la miniaturisation a ses limites face à la puissance brute.
Aujourd'hui, nous allons décortiquer ce phénomène. Pourquoi ce tout petit connecteur a-t-il échoué là où de plus gros tenaient le coup ? Pour le comprendre, quittons l'atelier et retournons dans notre Musée de l'Électronique.
Imaginez que votre carte graphique est une immense salle d'exposition très populaire. L'exposition touche à sa fin, c'est l'heure de la fermeture. La foule (le courant électrique) doit quitter les lieux pour retourner vers la centrale (l'alimentation).
Pour évacuer cette salle, nous avons une demande massive. Imaginez une foule de 600 Watt, soit des milliers de visiteurs qui courent, pressés et pleins d'énergie.
La foule arrive lancée à pleine vitesse sur dans le couloir. Soudain, tout ce monde doit s'engouffrer simultanément sur ce petit pont de bois.
C'est l'embouteillage immédiat. La densité de foule au mètre carré explose. Les visiteurs sont écrasés les uns contre les autres. Ça joue des coudes, ça frotte violemment contre les rambardes. Dans notre musée électronique, cette friction des corps génère de la chaleur. Beaucoup de chaleur.
Si le pont était large (comme les anciens connecteurs 8-pins multiples), la foule passerait de manière fluide. Mais ici, le pont est si étroit que la friction devient insupportable.
C'est exactement ce qui arrive à votre connecteur : le plastique (le pont) fond sous l'action des électrons (la foule) trop serrés.
Sortons du musée pour revenir sur notre banc de test à Aix-en-Provence. Ce "crash" du connecteur 12VHPWR est une illustration parfaite de deux concepts : la densité de courant et la résistance de contact.
Le connecteur 12VHPWR doit faire passer jusqu'à 600 Watts. Sous une tension de 12 Volts, cela représente un courant massif :

Faire passer 50 Ampères (même divisés sur plusieurs broches) dans un connecteur dont le pas (l'espace entre les broches) est minuscule, c'est demander à une paille de faire office de lance à incendie.
C'est ici que la physique devient impitoyable. La chaleur générée par le passage du courant est dictée par la Loi de Joule :

Notez bien le carré sur le courant. Cela signifie que si vous doublez le courant, vous ne doublez pas la chaleur, vous la quadruplez. Avec 50A qui circulent, la moindre petite Résistance (R) dans le circuit va générer une puissance thermique énorme.
Dans un monde parfait, la résistance du connecteur est quasi nulle. Mais dans la réalité, si le connecteur est :
... la surface de contact entre la broche mâle et la broche femelle diminue. Qui dit surface réduite, dit augmentation de la Résistance (R).
Reprenons notre formule. Avec un courant I énorme et une résistance R qui augmente soudainement à cause d'un mauvais contact, la chaleur (P) monte en flèche localement. Le plastique (souvent du Nylon 66) atteint son point de fusion autour de 260°C. Si la dissipation thermique n'est pas suffisante (et elle ne peut pas l'être sur un si petit volume), le connecteur fond.
En tant que concepteurs de produits électroniques, nous sommes constamment tiraillés entre deux mondes :
L'affaire du 12VHPWR nous rappelle qu'il ne faut jamais négliger le Derating (la marge de sécurité). Si un connecteur est théoriquement capable de passer 50A, l'utiliser à 50A en permanence dans un environnement chaud (l'intérieur d'un PC) est risqué.
Les bonnes pratiques pour vos prochains designs IoT ou Power :
Pour revenir à notre musée, si vous attendez une foule immense, ne construisez pas une passerelle de fortune. Construisez un viaduc.
En électronique, c'est pareil. Le connecteur est souvent la pièce la moins chère de la nomenclature (BOM), mais c'est le point de défaillance critique. Mieux vaut un connecteur un peu plus gros et "moche" qui reste froid, qu'un connecteur minuscule et élégant qui transforme votre PCB en barbecue.
C'est avec cette philosophie de robustesse que nous concevons vos cartes électroniques ici, chez D4U blog à Aix-en-Provence. Nous aimons la chaleur du sud, mais seulement celle du soleil, pas celle de vos composants !
Et vous, dans vos conceptions, vous êtes plutôt "Team Miniaturisation à tout prix" ou "Team Gros Connecteurs Robustes" ? Racontez-moi vos pires cauchemars de connectique en commentaire !
30/11/2025
Dans le monde de la conception électronique, la tentation est grande. Les datasheets regorgent de "Reference Designs", GitHub déborde de bibliothèques prêtes à l'emploi, et les forums d'entraide offrent des solutions clés en main.
Pourquoi réinventer la roue ?
Pourquoi passer trois jours à calculer une boucle de régulation quand un schéma "qui marche" est disponible en un clic ?
La réponse est brutale : Parce qu'en ingénierie, ce qui n'est pas compris est une bombe à retardement.
Aujourd'hui, nous allons explorer pourquoi l'imitation servile, le "Cargo Cult Engineering", est l'ennemi de la fiabilité. Nous allons visiter trois salles de notre Musée de l'Électronique pour voir ce qui se passe quand l'architecte copie les plans sans étudier les fondations.
Commençons par l'exemple le plus célèbre, celui que vous avez peut-être déjà croisé sur mon LinkedIn : la grande débâcle des années 2000.
Au début du millénaire, des millions d'ordinateurs (Dell, HP, Apple) ont commencé à mourir prématurément.
La cause ?
Des condensateurs électrolytiques qui gonflaient et fuyaient sur les cartes mères.
La racine du mal ?
Un vol industriel raté. Une formule d'électrolyte avait été dérobée, mais les voleurs avaient oublié un ingrédient clé : le stabilisateur.
Visualisons cela dans notre musée.
L'ingénieur expert a conçu un sas avec des murs capables de s'étirer légèrement sous la pression, mais il a ajouté des poutres de renfort invisibles (le stabilisateur chimique) pour empêcher les murs de craquer.
L'ingénieur "copieur" a volé les plans. Il a vu les murs, la forme, la couleur. Il a construit le même sas. Mais il n'a pas vu les poutres de renfort à l'intérieur du béton. Lorsque la foule (le courant) s'est pressée dans le sas, l'activité a généré de la chaleur (l'hydrogène gazeux dans la réalité).
L'électrolyte volé, sans son additif, réagissait avec l'aluminium du condensateur, créant de l'hydrogène. La pression interne montait jusqu'à faire éclater le boîtier (le "venting"). La leçon : Une liste d'ingrédients (BOM) n'est pas une recette.
Si vous ne savez pas pourquoi un composant est là, vous ne saurez pas le remplacer correctement en cas de pénurie.
Prenons un autre exemple classique. Vous devez intégrer une alimentation à découpage (DC/DC Buck Converter). Vous prenez le schéma exact de la datasheet du fabricant. Mêmes valeurs, mêmes références. Vous le posez sur votre PCB. Au premier test : le système est instable, le microcontrôleur reboote aléatoirement et la carte échoue aux tests de certification CEM (Compatibilité Électromagnétique).
Pourquoi ? Vous avez copié le schéma, mais vous avez ignoré la géométrie.
Dans le design de référence (celui de l'expert), le chemin de retour de la porte battante vers la sortie est court et large. Les vibrations de la porte ne gênent personne.
Dans votre copie, vous avez placé les composants aux mêmes endroits sur le schéma, mais sur le plan du musée (le PCB), vous avez forcé la foule qui sort de la porte battante à traverser la salle de lecture calme (votre section analogique sensible) pour rejoindre la sortie.
La foule excitée et vibrante traverse la bibliothèque en courant. Résultat : impossible de lire un livre (lire un signal capteur propre). Le musée devient un chaos.
C'est le problème des boucles de courant. En électronique rapide, le chemin du courant de retour est critique. Copier le schéma électrique ne suffit pas ; il faut comprendre le chemin physique du courant (Current Return Path). Une piste de masse mal routée crée une inductance parasite qui rayonne du bruit sur toute la carte.
La leçon : Le schéma n'est que la théorie. Le routage (layout) est la réalité physique. Copier l'un sans maîtriser l'autre est inutile.
Passons brièvement au firmware embarqué. Vous trouvez un code sur un forum pour lire un capteur. Il contient une ligne mystérieuse : delay_ms(15); // Don't remove this, needed for sensor Vous copiez. Ça marche. Deux ans plus tard, vous changez de microcontrôleur pour un modèle plus rapide. Tout plante.
Le code original a été écrit pour un vieux guide un peu lent, qui mettait du temps à marcher d'une salle à l'autre. La pause de 15 minutes était synchronisée avec l'ouverture d'une porte automatique lente. Votre nouveau guide (nouveau processeur) est un athlète olympique. Il fait tout très vite. Mais il est obligé d'attendre 15 minutes bêtement devant une porte déjà ouverte, ou pire, la synchronisation est perdue car la pause était basée sur la vitesse d'exécution de l'ancien guide, pas sur le temps réel.
C'est ce qu'on appelle les "Magic Numbers" ou la programmation par superstition. Ce délai de 15ms compensait peut-être une capacité parasite spécifique sur le circuit imprimé de l'auteur original, ou un temps de settling (stabilisation) d'un amplificateur opérationnel lent. En changeant le hardware (le musée), cette contrainte a peut-être disparu, ou empiré. En copiant aveuglément, vous avez introduit une latence inutile ou une bombe à retardement de synchronisation.
L'ingénierie, ce n'est pas l'art d'assembler des briques existantes. C'est l'art de comprendre les forces qui s'exercent sur ces briques.
Copier fait gagner du temps aujourd'hui. Comprendre fait gagner du temps pour toujours.
Lorsque nous concevons un système électronique, nous ne nous contentons pas de coller des composants qui "devraient marcher ensemble". Nous simulons la foule dans le musée. Nous anticipons les goulots d'étranglement (résistances thermiques), nous prévoyons les bousculades (pics de tension) et nous solidifions les murs (protections ESD).
Et vous ? Avez-vous déjà hérité d'un projet "Frankenstein", constitué de morceaux de codes et de schémas glanés sur le web, impossible à maintenir ?
Je suis basé à Aix-en-Provence. Si vous avez besoin d'un partenaire qui regarde au-delà de la datasheet et conçoit des systèmes robustes et compris de A à Z, discutons de votre projet autour d'un café.
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