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10/01/2026
Vous pensez qu'appuyer sur un bouton est l'action la plus binaire du monde, mais pour votre microcontrôleur, c'est souvent le début d'un chaos indéchiffrable. Ce décalage brutal entre votre perception humaine instantanée et la réalité électrique trépidante porte un nom redouté des concepteurs : le rebond mécanique. Avant de remettre en cause votre algorithme ou la qualité de vos composants, il est crucial de comprendre ce qui se joue réellement dans ces quelques millisecondes d'invisible agitation. Cet article vous plonge dans les coulisses physiques de vos interfaces pour vous révéler pourquoi vos interrupteurs vous mentent et, surtout, comment rétablir la vérité technique, que vous choisissiez l'élégance du hardware ou la souplesse du code.
Vous venez de terminer le soudage de votre prototype. Le code est propre, l'architecture est élégante. Vous appuyez sur le bouton pour allumer la LED de statut. Clic. La LED clignote frénétiquement, s'éteint, puis finit par rester allumée. Vous appuyez pour éteindre. Clic. La LED ne bouge pas. Ou pire, elle s'éteint et se rallume instantanément.
Bienvenue dans l'enfer du Rebond Mécanique (ou Switch Bouncing).
En tant que concepteur de produits électroniques, nous avons tendance à idéaliser le monde. Dans notre tête (et dans nos diagrammes logiques), un interrupteur est binaire : il est ouvert (0) ou fermé (1). La transition est instantanée, verticale, parfaite.
Mais la réalité physique est sale, bruyante et élastique. Aujourd'hui, nous allons ouvrir la porte de notre "Musée de l'Électronique" pour comprendre pourquoi votre bouton ment à votre processeur, et surtout, comment rétablir la vérité.
Imaginez que votre circuit imprimé est un grand musée national.
Le Scénario Catastrophe
Vous (l'utilisateur) décidez de fermer la porte (appuyer sur le bouton). Vous la lancez d'un coup sec.
L'Impact : La lourde porte percute le cadre en pierre. BOUM !
Le Rebond : La porte ne se scelle pas instantanément. Sous la violence du choc, le bois et le métal se compressent, et par élasticité, la porte rebondit en arrière de quelques centimètres. Elle s'entrouvre.
La Réplique : Votre main pousse toujours, donc la porte revient frapper le cadre. Bam ! Elle rebondit encore, mais un peu moins loin.
La Stabilisation : bam... bam... clac. La porte est enfin fermée hermétiquement.
Pour vous, l'action a duré une fraction de seconde. C'était "un seul geste".
Mais pour le Gardien (le MCU), qui note l'état de la porte sur son registre toutes les microsecondes, voici ce qui s'est passé :
Fermé. Ouvert. Fermé. Ouvert. Fermé. Ouvert... (15 fois)... Fermé.
Le gardien panique. Il signale à la direction (votre firmware) que 15 visiteurs viennent d'entrer et de sortir en l'espace de 10 millisecondes. Votre système lance 15 interruptions, déclenche 15 actions. C'est le chaos.
Revenons à notre PCB. Un interrupteur est constitué de deux lamelles métalliques. Lorsqu'elles entrent en contact, l'énergie cinétique de l'appui doit être dissipée.
Le métal est un matériau élastique. À l'échelle microscopique, les contacts s'entrechoquent et se séparent physiquement plusieurs fois avant d'établir une connexion stable. Ce phénomène génère une série de transitoires (changements d'états rapides) sur la ligne de signal.
Durée du phénomène : Généralement entre 5ms et 20ms, selon la qualité du bouton.
Conséquence : Si votre processeur fonctionne à 16MHz, une période de rebond de 10ms représente 160,000 cycles d'horloge. C'est une éternité durant laquelle le signal est indéterminé.
Alors, comment calmer ce gardien paniqué ? Nous avons deux écoles : la méthode "Architecte" (Hardware) et la méthode "Manager" (Software).
L'approche de l'Architecte : "Modifions le bâtiment pour gérer la foule."
Si la porte claque trop, nous allons installer un système d'amortissement hydraulique et une antichambre.
En électronique, c'est le Filtre RC Passe-Bas.
Rappelez-vous les principes de notre musée :
Comment ça marche ?
Nous plaçons une résistance en série avec le bouton, et un condensateur en parallèle vers la masse.
Lorsque la porte claque et rebondit (le signal oscille entre 0V et 3.3V), la foule (le courant) ne peut plus se précipiter directement vers le gardien.
Les rebonds rapides de la porte ("Ouvert/Fermé") sont trop brefs pour vider ou remplir complètement l'antichambre. Le niveau de foule dans l'antichambre monte donc doucement, ignorant les saccades brusques.
Le gardien, qui surveille désormais le fond de l'antichambre et non la porte elle-même, voit une montée progressive et calme de la tension.
La Formule Magique
Pour dimensionner ce filtre, on utilise la constante de temps τ (tau) : τ=R×C
Si vos rebonds durent 10ms, vous voulez une constante de temps qui lisse cette durée. Une combinaison classique pour un bouton simple est :
R=10kΩ
C=1μF
τ=10×103×1×10−6=0.01s=10ms.
Note : Pour être parfait, on ajoute souvent un Trigger de Schmitt pour transformer cette montée "molle" en un signal carré net pour le processeur.
L'approche du Manager : "Changeons les consignes du gardien."
Parfois, vous n'avez pas la place ou le budget pour ajouter des composants (R et C) sur votre carte. C'est là qu'intervient le Debouncing Logiciel.
Au lieu de modifier la porte, on donne une nouvelle consigne stricte au Gardien (le MCU) :
"Écoute Bob (le processeur), si tu vois la porte se fermer, note-le. Mais ensuite, bouche-toi les oreilles et ferme les yeux pendant 20 millisecondes. Prends une pause café. Ne reviens vérifier l'état de la porte qu'une fois ce délai écoulé."
L'Algorithme Simplifié
Cette méthode est gratuite en composants, mais elle demande des ressources de calcul et peut introduire une légère latence (imperceptible pour un humain, mais réelle).
| Critère | Solution Hardware (Filtre RC) | Solution Software (Code) |
| Fiabilité | Excellente (filtre le bruit EMI aussi) | Très bonne si bien codée |
| Coût | Quelques centimes (R + C) | Gratuit (en composants) |
| Espace PCB | Prend de la place | Zéro place |
| Complexité | Calcul de τ nécessaire | Logique de code asynchrone |
| Mon avis | Idéal pour les environnements bruités | Idéal pour l'IoT low-cost |
Le monde parfait des 0 et des 1 n'existe que dans les manuels scolaires. La réalité est analogique. Un bon concepteur électronique sait qu'il ne faut jamais donner de la "viande crue" (un signal brut) à un microcontrôleur. Il faut la cuisiner un peu (filtrage) avant de la servir.
Que vous choisissiez d'amortir la porte avec un condensateur ou de calmer le gardien avec du code, l'important est de reconnaître que le rebond est inévitable.
Sur vos derniers projets, êtes-vous plutôt Team Fer à Souder (RC) ou Team Clavier (Delay) pour gérer vos boutons ? Le débat est ouvert, j'attends vos retours en commentaire !
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